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François Hollande défend sa vision sereine de l'immigration

François Hollande a rappelé, lundi 15 décembre, ses ambitions en matière d'immigration au cours d'un discours inspiré, taclant implicitement son rival Nicolas Sarkozy.
Lors de l'inauguration du musée de l'histoire de l'immigration, aux portes de Paris, le président français a ainsi dénoncé le "sentiment de dépossession, entretenu avec malice sinon avec malignité". Il a par ailleurs souligné qu'un Français sur quatre était issu de l'immigration : "Je veux rappeler aux Français d'où ils viennent, quelles sont les valeurs qu'ils portent comme citoyens français et où nous voulons aller ensemble."
Pour "une France à la hauteur de son histoire"
François Hollande a ainsi exhorté à ne pas laisser "la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur de la dissolution, de la dislocation, de la disparition" entretenus par ceux "qui rêvent d'une France en petit, une France en dépit, une France en repli, bref une France qui ne serait plus la France".
"Nous devons lutter contre ces thèses au nom de la France, pour la France, pour une France à la hauteur de son histoire et capable de porter un grand projet, un destin", a-t-il martelé, rappelant longuement l'apport de l'immigration en France.
François Hollande a également annoncé l'ouverture de la naturalisation pour les personnes âgées de plus de 65 ans qui ont vécu 25 ans en France et ont un enfant français.
Par ailleurs, le chef de l'État s'est de nouveau déclaré "favorable" au droit de vote des étrangers. "Rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose une majorité des 3/5e" au Parlement, a-t-il toutefois rappelé, soulignant que cela supposait "un accord entre les forces républicaines". "À elles de prendre leurs responsabilités", a-t-il lancé.
Tacle envers Nicolas Sarkozy sur les accords de Schengen

Il s'est aussi implicitement opposé à Nicolas Sarkozy, sans prononcer son nom, jugeant qu'il fallait "défendre" le principe des accords de Schengen qui autorisent la libre circulation des citoyens au sein de l'Union européenne plutôt que de les "faire éclater". "Faire éclater Schengen ? Ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays", a-t-il fait valoir. "Pour l'Europe, notre frontière c'est Schengen", a encore argué François Hollande pour qui, au contraire, ces accords ont "permis à tous les pays d'Europe de s'organiser pour contrôler l'immigration".
Nicolas Sarkozy, nouveau président de l'UMP, propose que la France fasse la grève du traité de Schengen tant que de nouvelles dispositions ne seront pas adoptées pour enrayer l'immigration irrégulière. François Hollande a, lui, défendu une vision "sereine" de l'histoire de l'immigration et profité de l'inauguration du musée pour critiquer sans le nommer son prédécesseur. "Sept ans, c'est long pour une inauguration officielle", a-t-il ironisé, rappelant ainsi implicitement que Nicolas Sarkozy n'avait pas souhaité se déplacer pour l'ouverture du musée.
François Hollande avait déjà profité du sommet de la Francophonie, fin novembre à Dakar, pour se démarquer de son rival de 2012 sur les questions d'immigration. Il avait ainsi affirmé que l'Afrique était entrée dans l'Histoire et était "aussi une partie de notre avenir", dans une réponse au discours prononcé il y a sept ans par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise.
Avec Reuters et AFP
>> À voir, le webdocumentaire de France 24 : Chibanis, l'éternel exil des travailleurs maghrébins.

Publiée le : 15 décembre 2014

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