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Le boom des écoles "so French" à New York

Il y a dix ans, Virgil de Voldère, un commerçant d'art français résidant dans le quartier de l'Upper West Side à New York, avait une obsession : voir ses enfants grandir dans un environnement francophone. Il s'est donc mis en quête d'un établissement bilingue capable de les accueillir avant qu'ils soient en âge d'entrer en primaire. En vain : à l'époque, aucune école de ce type n'existait encore dans ce quartier huppé. Au cours de ses recherches, l'homme s'aperçoit qu'il n'est pas seul à nourrir l'espoir de voir sa progéniture immergée dans la culture française. En 2005, il décide donc de créer La Petite École, destinée aux enfants âgés de deux ans et demi à quatre ans.

Entre ces murs, ce n'est pas seulement la langue de Molière qui est enseignée, mais aussi l'art de vivre à la française. "Nous prenons plaisir à nous asseoir autour d'une table pour prendre les repas ensemble", explique-t-il à France 24. L'établissement haut de gamme - 22 000 dollars l'année - attire aussi des familles n'ayant aucun lien familial avec la France.
"Attirés par tout ce qui est français"
Car à New York, la francophilie fait des émules. Si, dans les foyers de la mégalopole américaine, moins d'1 % de la population seulement parle le français, cette langue bénéficie d'une grande aura. "Nous avons des parents francophones qui veulent que leur enfant parle aussi bien français qu'eux. Et puis, il y a des parents américains qui sont attirés par tout ce qui est français", explique Jessie Parker, en charge des inscriptions dans une école primaire publique de Park Slope à Brooklyn, où le français et l'espagnol sont enseignés comme deuxième langue.

Récemment, la présence grandissante de la langue française dans le monde a encore renforcé son pouvoir d'attraction sur la population américaine. D'après une étude de la banque Natixis, datée de mars, le français pourrait, d'ici 2050, devenir la langue la plus parlée du monde, au vu d'un boom démographique attendu dans les pays africains francophones.
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Surfant sur cette vague, l'ambassade de France a entrepris de lever 2,8 millions de dollars (environ 2,2 millions d'euros) pour favoriser le développement de programmes bilingues outre-Atlantique. Les ministères français des Affaires étrangères et de l'Éducation, le Sénat ainsi que l'Assemblée nationale ont, eux aussi consacré à ce peojet une somme évaluée à plusieurs centaines de milliers de dollars.
Dix écoles publiques bilingues en 8 ans
Depuis 2006, 10 établissements secondaires publics et gratuits, garantissant à leurs élèves un bilinguisme parfait après le bac, ont vu le jour. Une petite révolution au regard du prix exorbitant que coûte une scolarisation au Lycée français de New York, l'établissement francophone historique de la ville, qui facture 29 100 dollars (soit environ 23 300 euros) l'année. Un bouleversement du paysage scolaire francophone de la ville à l'origine duquel se trouvent les parents d'élèves, à qui une large liberté d'action est donnée sur le plan éducatif aux États-Unis.

Lorsqu'il a créé son établissement, Virgil de Voldère a goûté à cette liberté d'action. "Cela montre quel extraordinaire pouvoir nous avons aux États-Unis, en tant que parents. Cela n'aurait jamais pu être possible en France," assure-t-il.
Être bilingue revêt des avantages non-négligeables : les personnes qui parlent plus d'une langue sont davantage recherchées dans les milieux professionnels et sont susceptibles d'obtenir des salaires plus élevés. Sans compter sur le fait que maîtriser plusieurs langages permet de développer les capacités cérébrales et peut contribuer à retarder les premières manifestations de la maladie d'Alzheimer.
Outre le français, différentes langues sont de plus en plus valorisées à New York : le mandarin, russe, japonais, arabe, italien, coréen, bengali et même le créole haïtien.

Publiée le : 30 novembre 2014

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