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Elections en Tunisie: les femmes absentes

Si la parité imposée par la loi électorale a été respectée, seules 7% des têtes de liste pour les élections de l'Assemblée constituante tunisienne de dimanche sont des femmes. Pourtant les Tunisiennes entendent bien jouer leur rôle dans le nouveau paysage politique du pays, tant comme électrices que comme candidates.

En Tunisie, les femmes ont obtenu depuis de longues années un statut que leur envient beaucoup de leurs consoeurs du monde arabe: le droit vote (dès 1956), droit à l'avortement, au divorce, droit d’intégrer l'armée et la police, interdiction de la polygamie et une égalité constitutionnelle entre les sexes.
Ces acquis, imposés à marche forcée par le père de l'indépendance (1956) Habib Bourguiba, s'enracinent dans la pratique ancienne d'un islam tolérant, dans un pays où cohabitent encore sans heurts musulmans sunnites majoritaires et minorités kharéjite, juive, chrétienne.
Dès le 9e siècle s'est répandue dans le pays la pratique du "mariage kairouanais", du nom de la ville de Kairouan dont l'école islamique rayonnait alors dans toute l'Afrique du Nord, et qui interdisait à l'homme de prendre une deuxième femme, rappelle l'historien Alaya Allani.
Le vent de liberté de la révolution a fait ressurgir les voiles, noués traditionnellement sur la nuque ou sous le menton, mais aussi apparaître le niqab, voile intégral ne laissant entrevoir que le regard.
La question du statut de la femme, comme celle des minorités religieuses, sera centrale dans les discussions entre les 217 membres de l'assemblée constituante et dont la principale tâche sera de rédiger une nouvelle constitution.

Publiée le : 24 octobre 2011

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